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Sans doute venez-vous de débarquer sur mon blog en suivant la piste de la douance, de la psychologie ou d'un tout autre sujet débattu ici, le temps d'un billet. Je suis un adulte à haut potentiel intellectuel/surdoué de 33 ans, diagnostiqué à 12 ans alors que je traversais les périodes les plus sombres de la genèse de mon existence sur terre. Aujourd'hui, je m'épanoui à la lumière de mes passions les plus dévorantes telles que l'astronomie, la photographie, les volcans, la psychologie analytique ou encore les bovins. N'hésitez pas à interagir avec moi sur certains de mes billets en y déposant vos propres commentaires. Même en l'absence de réaction de ma part, ceux-ci présentent toujours l'intérêt d'apporter des compléments d'information mais aussi de me donner matière à réfléchir personnellement...

mercredi 24 mai 2017

Qui sont les enfants à haut potentiel ? par Nicolas Gauvrit


Une vidéo très intéressante du 20 mai 2017 car elle propose un nouveau chemin de présentation du haut potentiel.

lundi 22 mai 2017

L'échec, il s'agit de l'introduction au succès

La rencontre avec ce livre publié en 2016 est comme pratiquement toutes les rencontres : L'improbable inattendu, l'improbable fenêtre s'ouvrant sur un jardin des fleurs de l'équilibre et de la confiance en soi retrouvée. Rien de mieux en effet qu'un agrégé de philosophie, diplômé de Sciences Po Paris et d'HEC Paris portant ce nom de famille pour nous inviter à regarder les pépins de la vie sous un angle bien plus optimiste. Croquer dans la pomme de l'audace d'essayer, de choisir, de s'investir dans quelque chemin que ce soit, conduit forcément à multiplier les probabilités de se retrouver avec quelques pépins dans les dents.

Mais n'est-ce pas comme cela que l'on apprend ?
N'est-ce pas comme cela que l'on s'élève ?

Dans le cas des surdoués, rien de mieux d'aborder constructivement l'échec car faisant écho à mon article précédent concernant le fort récent Que sais-je ? N°4076 sur les adultes surdoués de Gabriel Wahl, nous sommes fondamentalement d'une plus grande vulnérabilité affective et sociale face au mot de trop, une déconvenue amicale ou un simple contretemps, avec il faut bien le reconnaître le très probable don de nous accabler aussi brillamment que nous nous passionnons pour nos sujets favoris. L'échec représente donc pour les surdoués la gifle de la vie au retentissement toujours très fort, d'autant que nous aimons donner, bien plus encore que le reste de la population, du sens à notre vie et à nos engagements. Chercher un sens de vie conduit forcément à des retentissements d'autant plus forts sur notre existence que l'on ne peut s'empêcher de s'interroger, là où beaucoup auraient une plus grande simplicité à se détourner de l'incident de parcours. Une hypersensibilité nous conduisant hélas parfois à passer complètement à côté du revers le plus beau de l'échec : Ses vertus. Dans tout le paradoxal qui animent les surdoués, quand ils se décident à saisir l'échec du bon côté sans fermer les yeux dessus, ils sont également capables, mieux que les autres, de le rentabiliser d'autant plus intensément en nouveaux rebondissements de vie positifs.

Quand on m'a mis ce livre dans les mains, j'étais justement en train de passer un passage compliqué comme tout le monde en connaît un jour. Les passages compliqués furent déjà nombreux dans ma vie mais celui-ci le fut, il me faut bien l'avouer, particulièrement amère. Tout était prêt pour faire entrer la lumière et ce fut finalement la nuit totale. Il me fallait trouver les moyens de rallumer ma flamme de l'audace, de l'envie d'entreprendre, du désir de créer, la permission de croire en l'avenir. Le fait même de reprendre ma plume ici peut être considéré comme un incontestable indice de la bonne santé psychologique retrouvée.

L'échec comme la réussite pourraient s'apparenter aux deux pédales diamétralement opposées d'un vélo qui permettent de le faire avancer faisant penser à la célèbre citation d'Albert Einstein (1879-1955) : "La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre.". Les échecs apportent l'énergie pour s'interroger sur notre direction et réviser nos connaissances sur le réel. Les succès sont l'encouragement pour nous indiquer la justesse de notre cap par rapport au réel. Ainsi m'apparaît-il hallucinant, à la lumière d'Eliane, d'avoir encore à lire des commentaires de réjouissances et de méchancetés gratuites de personnes concernant l'échec et le malheur pouvant toucher autrui. Or, l'échec s'inscrit dans un schéma pour le moins vertueux :
L'échec questionne sur notre devenir et notre être. L'échec éprouve notre force de l'expérimentation et la force de notre désir inconscient. L'échec est le carrefour de nos questions sur notre réinvention perpétuelle et sur nos inspirations naturelles. Que souhaitons-nous devenir ? Qui nous sommes ? Si on regarde autour de nous, un grand nombre de véritables succès sont le fruit d'échecs "ratés" (les antibiotiques, la tarte Tatin, le Viagra, le Pacemaker, le Champagne, l'Orangina, le pain d'épice, etc...) ce qui devrait tous nous encourager à expérimenter car il s'agit d'une véritable joie de la chance offerte par l'erreur. L'échec devrait demeurer un moyen de comprendre et non, comme un événement dépressif, mal vécu qui enferme dans l'inaction. En France, l'échec est très mal perçu et on peut imputer à notre système éducatif la source du faible niveau de notre bonheur dans notre pays. On peut imputer à cette culture française notre mauvaise santé psychique et notre tendance à recourir aux médicaments. En France, on ne récompense pas de nos échecs ; bien au contraire, la tendance consiste à se fait enfoncer. Le meilleur médicament pour notre psyché n'est pas chimique mais philosophique en puisant dans une citation de Samuel Beckett (1906-1989) : "Déjà essayé. Déjà échoué. Peu importe. Essaie encore. Echoue encore. Echoue mieux.".

Il est important de ne pas s'identifier trop longtemps à nos échecs car ceci bloque notre devenir. Un échec n'est jamais celui de notre personne mais il est plutôt la représentation pragmatique d'une rencontre ratée entre un projet et un environnement. De toute évidence, pour avancer dans la vie vers notre devenir, il faut oser, il faut oser l'échec car nos destins s'opposent à une véritable menace permanente : A force de ne pas oser échouer, on risque tout bonnement d'échouer à vivre.

Selon Charles Pépin, il y a un détail qui a retenu particulièrement mon attention car en analysant toute ma progression dans l'imagerie, de l'astronomie jusqu'à mes derniers tirages photographiques, il apparaît un solide lien entre déficit d'audace et déficit d'admiration. L'admiration constitue souvent un déclic créateur et il est juste d'observer dans mon cas personnel qu'à chaque fois que j'ai souffert d'un déficit d'audace créatif, ceci correspondait à une période stérile d'admiration envers une personne guide de ma vocation. C'est d'autant plus facile à conclure dans le contexte actuel dans lequel je rédige ce billet correspondant à une rupture temporaire de ma production artistique. Pour oser, oser échouer, l'humilité est toujours le conseil premier et il convient d'apprendre à aimer l'imperfection car les plus belles créativités sont fréquemment le fruit du détachement à la dureté du réel.

Jouir de l'échec ? Pour des esprits surdoués, nous nous caractérisons par des points d'intérêts multi-directionnels et nous pourrions sans doute en conclure notre résilience supérieure à l'échec. Si on analyse nos parcours, notamment nos enfances et nos adolescences, nous sommes bien souvent des esprits "scanneurs". Nous nous comportons comme Google : Multiplier les directions, quitte à en changer ou à en abandonner aussi rapidement selon les retours du réel par rapport à nos prises de risques. Pour rythmer une marche en avant, la nombre d'échecs, la puissance innovatrice et sa puissance tout court semble être une corrélation gagnante. Il s'agit d'un rythme aisément facile à tenir quand on est jeune avec toute la dose d'inconscience qui en découle ; En prenant de l'âge, la sagesse représente progressivement un frein à cette folie innovatrice. Là encore, des faits dans la biographie de personnages comme Pascal, Léonard de Vinci ou Einstein convergent dans cette observation. Il y a quelques années, j'ai lu que le génie de ces personnages découlait d'une innovation phare dans leur jeunesse entre 16 et 25 ans. Au-delà de cette tranche d'âge, les génies qui se réveillent deviennent excessivement plus rares ou bien souvent, il s'agit justement du dénouement d'une expérimentation débutée dans leur jeunesse et qui parvient à maturation après de nombreuses années d'échecs.

L'audace et l'échec sont les sources de plusieurs types de joies. Il y a celle qui revient de loin, il y a celle de vivre, il y a celle qui naît dans l'adversité, il y a celle du "progedien" et enfin, la joie mystique. Je retrouve là le conseil d'une vieille sage connaissance qui m'invitait au stoïcisme pour lequel, la vraie joie est issue du dénuement, dans le dépouillement. Quand on ne peut trouver la joie dans le combat, on peut la trouver dans la passivité. A travers ces joies multiples, il convient de se rappeler notre spécificité d'êtres humains dans le règne animal. Nous sommes des animaux qui ratent. Je me souviens à cette occasion de ce vendeur de tickets de métro répondant à mon père en 1996 : "L'erreur est humaine". Je n'avais pas 14 ans à cette époque et je n'avais pas encore la maturité d'aller beaucoup plus loin dans la signification d'une phrase si simple. Pourtant tout est dit. Contrairement à l'animal, l'homme s'élève uniquement par son exposition aux erreurs. C'est notre spécificité. Comme tous les humains, nous sommes des animaux ratés et donc des machines qui dysfonctionnent ! Contrairement aux animaux parfaits, nous sommes à la conquête perpétuelle d'un impossible et les échecs sont les différences marches que nous gravissons en direction de cette quête perpétuellement inachevée à l'image du temple de la philosophie dans le Parc Jean-Jacques Rousseau d'Ermenonville (Oise - 60).


En somme, une vie réussie est une vie pleine d'échecs.

Une vie réussie est une vie questionnée.

A n'en déplaise aux "réjouisseurs" d'échecs ou de malheurs d'autrui, atteints du syndrome de la bêtise insignifiante...

dimanche 21 mai 2017

Les adultes surdoués de Gabriel Wahl - Que sais-je ? N°4076

Que sais-je ? (QSJ) est une collection majeure de l'édition française, riche d'un catalogue de plus de 700 titres régulièrement actualisés, conçus pour le grand public par des spécialistes de chaque discipline, fondée en 1941 par Paul Angoulvent et publiée par les Presses Universitaires de France (PUF), actuellement traduite en 44 langues bénéficiant d'une diffusion à plusieurs centaines de millions d'exemplaires. Elle se distingue par une présentation formatée de 128 pages, par un logo représentant une boussole ainsi qu'une étoile symbolisant l'étoile polaire et un slogan : "Une question à toutes les réponses".

Le 10 mai 2017, le 4076ème numéro de cette collection consacré aux adultes surdoués est paru dans sa première édition. Pour ceux qui souhaitent s'intéresser à ces adultes qui furent tout d'abord des enfants intellectuellement précoces (repérés ou non durant l'enfance) ou pour ceux qui viennent de se faire diagnostiquer adultes et qui souhaitent acquérir une première pierre angulaire afin ensuite d'évoluer vers une bibliographie plus pointue, ce petit livre se révèle remarquable. Rédigé par Gabriel Wahl, pédopsychiatre et ancien professeur de psychologie à l'université Paris-VII, déjà auteur de deux autres titres dans cette collection dont le n°3698 dédié aux enfants intellectuellement précoces, ce n°4076 se révèle pleins de petites descriptions délicieuses. Certaines m'auront même conduit à l'éclat de rire, tellement elles reflètent d'une évidente réalité, même si comme dans toute population, nous avons la totale liberté d'être nous-mêmes, c'est à dire d'être tous très différents avec notre haut potentiel. 

L'auteur prévient à juste titre sur la difficulté comme la tentation d'enfermer l'adulte surdoué dans un portrait robot figé : "Décrire la personnalité des adultes intellectuellement surdoués est loin d'être simple. Il existe sur le sujet un bruit de fond d'idées reçues dont il n'est pas toujours aisé de se délivrer. D'autant que ces idées se rappellent à l'envie, comme des sentences.".

Coup de projecteur toutefois sur quelques pépites contenues dans le chapitre II consacré à la personnalité des adultes surdoués qui feront sans aucun doute mouche chez beaucoup :

"Dès les premières années d'école, les enthousiasmes intellectuels (...) peuvent se briser sur l'impossibilité de les partager avec leurs petits camarades ou sur les obligations de conformité imposées par les enseignants (...) Ces désillusions sont d'autant plus éprouvantes qu'elles s'ajoutent souvent à celles que leur infligent leurs petits camarades en se souciant peu de leurs centres d'intérêt ou en ne partageant pas toujours leur sens intense de l'amitié. On peut garder toute une vie ces blessures d'enfance, ces souvenirs de rabrouement et de solitude."

"On ne peut exclure (...) que l'abstraction virtuose et la fragilité émotionnelle, se confortent l'une l'autre, provoquant ainsi plus de vulnérabilité affective et sociale. Et en particulier si l'on se reconnaît du talent, mais que l'on observe qu'il ne s'accompagne d'aucun succès."

"Il faut (...) préciser que bon nombre d'entre eux ont l'esprit léger et même le goût affiché de la superficialité. Ils ont délaissé gaiement toute "quête de sens" et jugent les gens sérieux comme des balourds. Il est probable que ces intellectuels ne se reconnaitront pas dans les traits classiquement décrits de la personnalité des surdoués. (...) J'avoue qu'il m'arrive parfois de craindre que l'on ait enfermé les surdoués dans un carcan descriptif et que ce qu'il leur est attribué spécifiquement vaut pour l'humanité tout entière."

"Dès le plus jeune âge et cela semble se poursuivre toute la vie, les surdoués peuvent être soumis à des tempêtes émotionnelles pour des faits jugés ordinairement anodins. (...) il nous faut concéder que, plus que d'autres, les enfants et les adultes surdoués semblent plus vulnérables et qu'un mot de trop, une déconvenue amicale ou un simple contretemps peuvent suffire à les bouleverser. Les surdoués ont probablement le don de s'accabler aussi brillamment qu'ils se passionnent."

"La savoir imprécis de ce l'on appelle les sciences humaines, n'est pas toujours du goût des adultes surdoués. Leur sens de la rigueur et leur esprit critique se heurtent à la fragilité des connaissances et aux idéologies qui s'y substituent. Mais tous les surdoués n'ont pas ce niveau d'exigence. Ils peuvent aimer jongler avec les mots et jouer avec les idées. Ils préfèrent l'imagination à la concision, et s'amusent plus des paradoxes que des démonstrations. Ils n'aiment guère, selon une expression qui mériterait plus de considération, "se prendre la tête" dans des méandres subalternes. Ce mode de vie, disent-ils, en vaut un autre, et si l'on insiste, ils affirment qu'il n'y a rien de plus absurde que le sérieux et rien de plus intelligent que la légèreté."

"Il ne faut pas oublier que si les surdoués aiment à jouer avec les paradoxes, c'est qu'ils ont le goût du second degré, le sens de l'humour et...de l'humour noir. C'est l'un des plaisirs par lesquels ils se reconnaissent le plus facilement entre eux et qui présente le bonheur de transcender les diplômes et les classes sociales."

"On reconnaît aussi aux surdoués un très perspicace sens de l'observation, une acuité à percevoir le détail anodin, à lui donner une signification inattendue et à le relier à un ensemble complexe. Mais on les dit aussi un peu naïfs, peu habiles par exemple à déjouer les sollicitations insincères et distinguer tous les registres de l'amitié. Ce qui est une autre façon de dire qu'ils ont plus de dextérité cognitive que d'habilités émotionnelles. Leur disposition première les porte à la confiance et au partage, mais s'ils sont déçus, ils peuvent préférer l'isolement, d'autant qu'ils apprécient une certaine indépendance dans leurs loisirs et leur travail."

"Autre qualité ou autre défaut : les surdoués sont des idéalistes, des passionnés des exigeants. Ils aiment à donner du sens à leur vie et à leurs engagements, et ne détestent pas de bousculer les idées reçues ou même la tradition si elle leur apparaît irrationnelle. (...) Ils aiment la complexité humaine, mais ils ne tolèrent pas l'ambiguité. (...) Les proches ou les collègues des surdoués subissent parfois cette tendance au raidissement ou à la condescendance relationnels."

"Les surdoués s'accommodent parfois mal de leur sensibilité morale et de leur sens de la justice. Ils peuvent soit se résigner à une sourde culpabilité, soit s'imposer un engagement moral et l'affirmer dans le dévouement associatif ou l'idéalisme politique."

Il me semble par ailleurs très important de remercier publiquement l'auteur d'avoir fait un clin d'oeil en fin de cet ouvrage à mon site internet dédié à la douance (http://www.observation-et-imagerie.fr/douance/fr_douance.html) parmi dix autres sites, blogs et forums.

lundi 4 juillet 2016

Le moi majoritairement "pensée" : Le piège du haut potentiel dans sa vie affective ?


Le 16 juin 2016, j'ai subi une opération chirurgicale de la face dorsale de ma main droite suite à une cellulite dorsale découlant de la toxicité du venin d'une araignée violon (Loxosceles reclusa). De ce fait, arrêté deux mois (jusqu'au 16 août 2016), je suis condamné à abandonner temporairement la photographie et mon travail officiel pendant cette période, le temps que la plaie engendrée par l'ablation des tissus nécrosés cicatrise et que je reprenne les pleines facultés de mes doigts (notamment de mon index). Dans cette attente fort longue, j'ai horreur d'être inactif et je me suis replongé de ce fait tout naturellement dans les activités me restant encore à portée : La lecture et l'écriture.

Au cours du mois d'avril 2016, je me suis confectionné une véritable bibliothèque dans le salon de mon nouveau domicile dans laquelle j'ai rassemblé avec joie tous les ouvrages traitant des sujets qui me sont les plus chers (astronomie, psychologie, philosophie, mythologie, histoire, optique, photographie, douance, neurologie...). Condamné à devoir tuer le temps utilement, je me suis saisi d'un ouvrage qui restait à explorer : Les conférences Tavistock de C. G. JUNG de 1935. Ayant toujours eu beaucoup de mal à croire au simple hasard mais plutôt bien davantage à la providence des événements ; dès ma lecture de la première conférence, je fus convaincu de l'importance de l'exploration du contenu de cet ouvrage. J'ai toujours constaté que certains événements de la vie si on en écoutait l'air dicté par notre voix intérieure, on ne tarderait pas à en entendre la musique parvenir à nos oreilles ou se dessiner dans la trajectoire de nos yeux. Rester réceptif à son environnement demeure indispensable pour grandir.

Dans la première conférence, le "grand" Carl Gustav JUNG s'exprime sur le Moi et s'aventure dans l'expression des profils psychologiques (plus précisément sur les quatre fonctions exopsychiques). Ces fonctions forment le système de relations qui existe entre les contenus de notre conscience et les données qui nous parviennent de l'environnement (c'est à dire, le système d'orientation qui nous permet de gérer les faits externes perçus par nos sens).



Page 29 de l'ouvrage, on trouve une représentation de ce système de l'exopsyché :


  1. Tout d'abord, il y a la sensation correspondant à la fonction exercée par nos 5 sens (vision, ouïe, odorat, goût, toucher). C'est la "fonction du réel" qui nous informe exclusivement sur la nature d'une chose mais absolument pas sur son identité.
  2. Vient ensuite, la pensée qui informe dans sa forme la plus simple de l'identité d'une chose.
  3. On distingue une troisième fonction, le sentiment qui nous informe sur la valeur (acceptable, agréable ou non) qu'une chose a pour nous. Cette troisième fonction est le seuil des valeurs.
  4. Pour que le système soit complet, il ne faut pas oublier la dimension du temps avec un passé et un futur. De cette réalité, nous ne pouvons pas en avoir une connaissance claire mais nous en avons l'intuition. Il s'agit de la fonction des pressentiments voyant au-delà des obstacles.
Tout être humain possède son Moi avec une fonction supérieure et trois fonctions inférieures ; la pensée s'opposant au sentiment et la sensation s'opposant à l'intuition. Pour enfin aller droit au but (objet ayant motivé cet article sur mon blog), en parcourant cet ouvrage, je suis tombé sur un passage particulièrement intéressant qui devrait résonner dans la tête de beaucoup de mes amis surdoués et plus encore chez mes amis atteint du syndrome d'Asperger. Une chute particulièrement "douloureuse" car tout y est écrit comme une évidence. Le surdoué et encore bien davantage l'Asperger sont sans aucun doute constitués d'un Moi majoritairement pensée expliquant de ce fait une fonction sentiment largement en berne chez ces individus. Ainsi, je cite :

"Ceux qui ont un bon cerveau aiment aborder la réalité et s'y adapter par la pensée. (...) Si par exemple, quelqu'un utilise principalement son intellect, on ne peut pas se tromper sur son type psychologique et, partant de cette constatation, on est à même de déduire l'état de sa fonction sentiment. (...) Le type intellectuel (...) a peur d'être prisonnier du sentiment parce que ce qui caractérise celui-ci est qu'il est archaïque, et que, en tant qu'homme archaïque, il est la victime impuissante de ses émotions. (...) De la même façon, nous sommes effrayés par nos fonctions inférieures. D'un intellectuel patenté qui craindrait affreusement de tomber amoureux, on penserait volontiers que sa peur est idiote, et pourtant il a probablement raison tant il est prêt, en tombant amoureux, à se lancer dans une aventure parfaitement absurde. A coup sûr, il va se faire avoir, car ses sentiments ne réagiront qu'à un type de femme archaïque et dangereuse. C'est ce qui explique que beaucoup d'intellectuels ont tendance à faire des mésalliances. (...) Ils ont donc raison d'avoir peur car c'est bien leur sentiment qui les fait courir à leur perte. Ils ne se feront jamais avoir par leur intellect ; là, ils sont armés et se défendent tout seuls. Mais par leurs sentiments, ils peuvent se faire influencer, se faire avoir, se faire duper, et ils le savent."

Dans cette conférence, Jung détaille merveilleusement bien le pourquoi beaucoup de surdoués dont le moi est le plus fréquemment "pensée", se font duper par des pervers narcissiques ou pourquoi leur vie affective est un désastre ou bien encore, pourquoi leur peur permanente de l'autre quant il s'agit de passer à la phase de l'engagement sentimental. Suite à bien des déboires affectifs les plus douloureux, depuis 2014, mon Moi a foncièrement changé et vire progressivement vers un moi majoritairement "sentiment". Surtout depuis 2015, avec mes débuts en photo de rue, ma photographie cesse d'être uniquement une pratique foncièrement académique des "bons" cadrages mais fait davantage appel à ma fonction sentiment. Jung l'exprime d'ailleurs fort bien dans sa conférence : "D'autres ont une bonne fonction sentiment ; elle les rend très conviviaux et leur donne un grand sens des valeurs ; ils se révèlent de vrais artistes dès qu'il s'agit de créer des situations riches en émotions, et leur vie en est remplie.". L'évolution positive actuelle de ma vie affective poursuit cette logique et il n'est pas étonnant que l'écoute de mon enfant intérieur pour les vrais bons choix se révèle dorénavant plus facile...

Dans l'espérance que mon partage de cette lecture et de la conclusion que je puisse en tirer est susceptible de se révéler utile à mes nombreux lecteurs (et amis).

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