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Sans doute venez-vous de débarquer sur mon blog en suivant la piste de la douance, de la psychologie ou d'un tout autre sujet débattu ici, le temps d'un billet. Je suis un adulte à haut potentiel intellectuel/surdoué de 33 ans, diagnostiqué à 12 ans alors que je traversais les périodes les plus sombres de la genèse de mon existence sur terre. Aujourd'hui, je m'épanoui à la lumière de mes passions les plus dévorantes telles que l'astronomie, la photographie, les volcans, la psychologie analytique ou encore les bovins. N'hésitez pas à interagir avec moi sur certains de mes billets en y déposant vos propres commentaires. Même en l'absence de réaction de ma part, ceux-ci présentent toujours l'intérêt d'apporter des compléments d'information mais aussi de me donner matière à réfléchir personnellement...

lundi 11 avril 2011

Gérer la différence engendrée par la douance grâce à l'intelligence sociale



Selon l'encyclopédie Larousse, il existe deux grandes définitions du terme "Différence" :

1- Absence d'identité, de similitude entre des choses, des personnes ; caractère qui les distingue l'une de l'autre.

2- Ce qui constitue un écart entre deux ou plusieurs personnes ou choses, entre deux grandeurs.


Pour la différenciation entre deux personnes, je préfère énormément la première définition de la différence (1) qui me semble la plus appropriée, la plus humaine, la plus sage. Malheureusement, la différenciation s'arrête rarement à cette seule définition de jugements raisonnables. 


La seconde définition (2), hélas la plus appliquée, peut alors prendre l'apparence de d'autres termes beaucoup plus durs, beaucoup plus sectaires, pour un individu qui présente des caractéristiques jugées "hors normes" par rapport à une normalité habituellement admise dans la constitution d'un groupe de personnes :

  • Discrimination
  • Exclusion
  • Marginalisation
  • Handicap

Ces caractéristiques jugées "hors normes" peuvent être de nature :

  • Physionomiques et/ou physiques
  • Comportementales
  • Ethniques
  • Intellectuelles
  • Sociales

N'est-il pas vrai que Stendhal lui-même, dans son oeuvre culte Le Rouge et le Noir concluait par cette citation : "J'ai assez vécu pour voir que différence engendre haine" ? De tous les temps, c'est intégré dans la nature même de l'espèce humaine, tel un vieux réflexe animal remontant à la préhistoire, la nécessité de localiser l'éventuelle existence d'un écart avec l'autre.
Cet écart engendre assez souvent haine, jalousie ou/et mécanisme de soumission (parfois même de suppression) de tout ce qui est inférieur ou minoritaire, au nom d'un obscur idéal sur l'existence d'une prétendue normalité à respecter. Or, il n'y a pas pire que de vouloir normaliser un groupe d'individus car la différence est aussi richesse à mon sens.

Mon expérience personnelle est une source inépuisable pour illustrer le passé, le quotidien et le possible devenir de toute une collectivité d'individus tenus par la même différence : Leur douance. Je me suis rendu compte, il y a très peu de temps, le facteur qui différencie fondamentalement les surdoués qui vivent bien leurs spécificités intellectuelles et ceux qui les vivent mal : le niveau d'épanouissement de l'intelligence sociale de l'individu concerné.

Depuis ma naissance, je me dois de domestiquer mes différences comportementales et intellectuelles qui s'illustrent notamment par une façon de vivre, de me mouvoir, de percevoir et d'appréhender le monde autrement que la grande majorité de la population. C'est une très bonne raison pour expliquer pourquoi j'ai gardé le secret de ma différence pendant de si nombreuses années car je comptais être jugé à pied d'égalité avec mes pairs, uniquement sur mon travail produit et ma sensibilité artistique. Le jour qui a marqué la révélation publique de ce tabou personnel, j'ai posément mesuré l'intégralité des risques éventuellement encourus à la suite d'une telle révélation sur la nouvelle image que les autres pourraient se faire de moi (jugement favorable ou défavorable ?).

Quoiqu'en soit le dénouement de la projection au devant de la scène de mes spécificités personnelles en tant qu'individu, j'ai gagné depuis peu une nouvelle confiance en moi ainsi que ma liberté la plus précieuse : Celle d'avoir vaincu une certaine peur d'écrire afin de faire enfin tomber le masque de l'auto-censure sur mon identité ainsi que sur mes opinions profondes car depuis si longtemps, ne pas en parler ouvertement, la finalité initiale de mon comportement était tout simplement le sentiment de protection.
Parler de "surdon" n'est pas un sujet que l'on puisse aborder facilement avec tout le monde.

Un bouclier bien légitime compte-tenu des régulières souffrances endurées durant l'enfance et l'adolescence par cette différence ; particularité que j'avais fini par faire oublier aux yeux du monde, parvenu à l'âge adulte. Une nécessité absolue de me préserver totalement du jugement possible parfois très sévère des "autres" mais je me rends compte finalement aujourd'hui de l'importance de ce courage d'avoir révélé mon appartenance à cette minorité de personnes car j’entraîne déjà sur mon sillon un certain nombre d'adultes à haut potentiel intellectuel, qui se sont découverts cette spécificité cérébrale tardivement à 30 ans (parfois à 58 ans !). Diagnostiqué à 12 ans, je suis finalement chanceux. Ces personnes se retrouvent au bord de mon chemin et se mettent également à espérer en des jours meilleurs sur leur propre vie en intégrant désormais complètement leur différence dans leurs bagages ainsi que dans leurs objectifs.

Bien-sûr, je n'oublie pas le fait qu'il existe d'autres différences beaucoup plus limitatives que la mienne et qu'il y aura toujours plus malheureux que moi au palmarès des différences handicapantes. Aux dernières nouvelles, j'ai toute ma tête, je suis en bonne santé, j'ai mes deux jambes, j'ai mes deux bras, j'ai mes 5 sens, j'ai un corps bien proportionné, j'ai un visage accueillant...Quoi demander de plus à la vie ?
Le reste n'est que plus, pas forcément obligatoire pour être heureux.

Parler de mon profil atypique a toujours été une aventure délicate, un cheminement de tous les dangers car l'un de mes "dons" est d'avoir entre-autre une lucidité absolue sur les nombreuses incompréhensions quotidiennes avec mes semblables auxquelles pourraient conduire à tout instant mes spécificités comportementales ainsi qu'intellectuelles. Depuis l'adolescence, j'ai pris par habitude pour me protéger des autres de ne jamais me prendre au sérieux, d'opposer des calembours et des jeux de mots à mes interlocuteurs au lieu d'émettre mes réelles opinions personnelles sur certains sujets de société car ma sensibilité particulière ainsi que ces opinions pourraient déranger si j'osais les évoquer trop franchement (au sein de ma sphère professionnelle notamment). Cela m'évite d'exposer ma susceptibilité ou mon hypersensibilité à la merci des "autres".
En somme, vous l'aurez compris : Je préfère encore passer pour un jeune clown qui s'agite dans tous les sens que partir à l'aventure d'un partage de visions mal comprises par des semblables... Cette attitude particulière que j'ai adopté par rapport aux autres correspond à mes différents efforts au fur et à mesure des années en intelligence sociale. Je m'efforce de paraître accessible et ouvert, tout en respectant ma propre nature de sujet naturellement introverti.

Depuis notamment 2003, je me suis toujours efforcé à travers mon site internet Observation et imagerie et mon blog-photo de mettre des mots simples sur mes expérimentations pour démocratiser notamment la photo car j'adore partager mes connaissances et compétences mais surtout me sentir utilement pédagogue auprès des autres ; Preuve que contrairement à l'image que je peux parfois laisser supposer par ma façon de m'exprimer, je ne suis pas hautain mais plutôt résolument ouvert à l'épanouissement des autres.

Depuis un mois, la météo est très bonne pour un mois d'avril mais poser le sac de l'appareil photo quelques temps quitte à opérer le sacrifice d'un peu de mes occasions photographiques, est devenu une étape nécessaire dans le processus actuellement engagé pour mon développement spirituel personnel. Autour de moi, il y a notamment une jeune femme d'une grande sagesse qui compte pour beaucoup dans la bonne course de cette progression vers toujours plus d'ouverture sur ce monde extérieur qui me tend les bras.

L'intelligence sociale est un état d'esprit inné chez une personne ou bien une caractéristique que l'on peut s'efforcer de développer au fur et à mesure du temps afin de migrer vers une compréhension du monde dans lequel on vit, comprendre les relations sociales, savoir les gérer pour faire reconnaître ses talents afin de réussir en société. Bien davantage que les personnes clairement neurotypiques, l'intelligence sociale est un combat de tous les instants pour un sujet à haut potentiel intellectuel. Ma personnalité propre présente notamment par ailleurs de très très légers traits d'Aspie (syndrome d'Asperger).


Ce test est récent. Il n'est pas officiel mais permet malgré tout d'obtenir un assez bon portrait de sa personnalité en répondant à de nombreuses questions d'ordre comportemental par rapport aux autres. C'est sur le forum ZEBRAS CROSSING que j'ai pris connaissance de ce test le 4 avril 2011. Aidé par d'autres "zèbres" (nom humoristique des sujets surdoués), je me suis appliqué à le déchiffrer.

Ma personnalité est notamment marquée par :

  • Un talent Aspie au-dessus de la normale
  • Une compulsion Aspie au-dessus de la normale
  • Une activité sociale Neurotypique au-dessous de la normale

A en croire l'aide apportée par certains forumeurs, j'ai le profil type du surdoué, ni plus, ni moins.

I) Le talent Aspie est la composante au-dessus de la normale qui contient les traits intellectuels liés au syndrome d'Asperger.

  • Traits typiques qui sont liés à des intérêts (intérêt fort; hyper-focalisation; faire une chose à la fois; avoir des périodes de contemplation; collecte d'informations; questionner l'autorité; bonne mémoire à long terme liés à des intérêts; comprendre comment les choses fonctionnent; établir des liens entre choses, une forte volonté; têtu). 
  • D'autres traits sont liés au traitement des informations (Remarquer les détails ; trouver des modèles; imagination inhabituelle; résoudre les problèmes de manière inhabituelle, des idées uniques). Certaines personnes ont des talents particuliers (par exemple le nombre, la langue, les ordinateurs, la musique). Associés à ces traits sont aussi l'humour insolite, une personne excentrique, sens de l'éthique, et ayant des valeurs à l'ancienne et points de vue.

II) La compulsion Aspie est la composante au-dessus de la normale qui contient les traits obsessionnels compulsifs liés au syndrome d'Asperger. La composante est liée à un trouble obsessionnel compulsif (TOC). 

  • Les traits typiques sont une préférence pour la similitude (routines, par exemple, des listes, les horaires, assis sur le siège même aller au magasin même, porter les mêmes vêtements, manger la même nourriture, toujours faire les choses de la même manière). 
  • Les traits connexes comprennent la frustration de l'individu quand on l'interrompt et un besoin de se préparer avant de faire de nouvelles choses. Certaines personnes ont un attachement profond à des objets et, comme pour recueillir et organiser les choses et peut-être besoin de précision ou de symétrie.

III) L'activité sociale Neurotypique est la composante au-dessous de la normale qui contient les traits sociaux. Le déficit de ces traits dans mon cas est souvent considéré comme une forme plus ou moins caractérisée de phobie sociale. 
Quand j'étais enfant, le déficit était très très marqué mais en vieillissant, le développement de mon intelligence sociale m'a permis de surpasser progressivement cette distance, surtout avec les personnes inconnues.

  • Les traits principaux sont des adaptations pour vivre dans l'évolution des groupes sociaux (bavardage social ; serrer la main, faire la bise, dire «salut», «merci» et «pardon »). 
  • Les traits associés sont des adaptations pour socialiser avec des inconnus (être à l'aise avec les étrangers; profiter de parler face-à-face avec des étrangers, le maintien de grands réseaux sociaux, facile à apprendre à se connaître; parler en public). 
  • D'autres traits sont liés à des amitiés et des relations ainsi que l'expression des sentiments d'une manière typique (par exemple, établir et maintenir des amitiés et des relations; regarder les gens vous parler; profiter des caresses et le toucher; avoir été proche d'autres; décrire et parler de ses sentiments) et les activités de coopération (par exemple, sports d'équipe; efforts groupe, travail d'équipe; en utilisant l'expertise des autres; de travail tout en étant observé).

Les nombreux tests effectués par des surdoués révèlent ce net déficit en activité sociale Neurotypique dans la très grande proportion de consultants, ce qui apparente souvent d'un point de vue extérieur cette population à haut potentiel à celle des autistes pour les personnes ignorantes des traits pour les différencier. Ainsi, principalement quand j'étais enfant, mes parents ont longtemps soupçonnés que je puisse être autiste compte-tenu d'une certaine bien réelle phobie sociale qui s'apparentait à une absente totale d'extériorisation avec mes camarades de classe, surtout en dehors de l'établissement. Si vous m'auriez vu à l'âge de 14 ans, vous ne m'auriez pas reconnu par rapport au niveau d'extériorisation auquel je suis parvenu à ce jour.
D'ailleurs, ma vie actuelle est encore aujourd'hui caractérisée par l'absence d'amitiés dans mon cadre purement privé.

Pour m'attacher réellement à un individu ou à un groupe d'individus, il me faut trouver une personnalité ou une motivation suffisamment atypique pour que celle-ci soit en mesure de me fasciner sur le très long terme, ce qui n'est pas du tout garanti. On notera par ailleurs chez moi une activité de type Aspie de niveau normal alors qu'elle était sans aucun doute d'un niveau au-dessus de la normale quand j'étais beaucoup plus jeune. Les surdoués ont la nette tendance à s'intéresser à beaucoup de sujets avec une très grande impulsivité, à ouvrir beaucoup de projets et ne presque jamais les finir, aussi entend-on souvent d'un "zèbre" qu'il démarre tout et ne finit presque jamais rien. Avec le temps, en prenant de l'âge, j'ai travaillé sur ce défaut pour être en mesure de lancer des projets et de m'y tenir pour les concrétiser. Ma formation technique a joué aussi un très grand rôle dans le façonnement de cette personnalité plus sage. Je ne regrette absolument pas mes efforts du passé en intelligence sociale pour évoluer vers ce stade actuel et je ne regretterai certainement pas ceux à venir car ce sont ces efforts qui m'évitent d'être dispersif aujourd'hui dans ma vie sociale et d'être capable de tenir un poste professionnel sur le temps.

J'encourage tous les individus concernés par la douance de s'inspirer de mon expérience positive en se penchant sérieusement sur cette notion d'intelligence sociale qui ne pourra que les favoriser à faire éclore leurs talents ou tout simplement les conduire à un équilibre entre leur fond intérieur et le monde extérieur.

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