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Sans doute venez-vous de débarquer sur mon blog en suivant la piste de la douance, de la psychologie ou d'un tout autre sujet débattu ici, le temps d'un billet. Je suis un adulte à haut potentiel intellectuel/surdoué de 35 ans, diagnostiqué à 12 ans alors que je traversais les périodes les plus sombres de la genèse de mon existence sur terre. Aujourd'hui, je m'épanoui à la lumière de mes passions les plus dévorantes telles que l'astronomie, la photographie, les volcans, la psychologie analytique ou encore les bovins. N'hésitez pas à interagir avec moi sur certains de mes billets en y déposant vos propres commentaires. Même en l'absence de réaction de ma part, ceux-ci présentent toujours l'intérêt d'apporter des compléments d'information mais aussi de me donner matière à réfléchir personnellement...

mardi 3 mai 2011

Notion de bonheur

Comme pour beaucoup de personnes et notamment pour les enfants et adultes à haut potentiel intellectuel, il suffit d'un simple stimuli pour un sujet pour que la pensée explose en arborescence. Aussi une question de philosophie posée et débattue longuement sur le forum Adulte surdoué ne m'as t-elle pas laissé indifférent sur la notion du bonheur. "La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?"
Elle a provoqué en moi ce fameux frisson de curiosité et d'interrogations, trop longtemps refoulé.

M'interroger, être curieux, observer, lire, comprendre...La lumière de ma pensée était comme éteinte et puis, un bon jour de 2011, un esprit fortement perturbateur a ouvert en grand la porte de mon amasellement de neurones et l'appel d'air qui en suivi dans mon crâne a ravivé la flamme de cette possibilité extraordinaire de pouvoir penser différemment et surtout en homme libre. J'ai toujours été un anti-conformiste, (presque) toujours libre de ma façon de penser, d'observer le monde, mais depuis cet instant où j'ai compris que l’évènement vécu il y a peu, était éclosion d'un nouveau cheminement de réflexion, je le suis de nouveau devenu tout à fait après quelques années d'égarement durant lesquelles je m'étais soumis à une vie calme, banale et sans rébellion contre l'autorité. Par soucis de ne pas attirer l'attention, mes pensées les plus profondes furent devenues totalement muettes car j'avais perdu ces idéaux, ces projets fous qui faisaient de moi depuis la naissance, un enfant, un adolescent, un adulte continuellement en dehors des chemins conventionnels.

La quête de vérité et sa relation au bonheur est un sujet profond dont un manuel de 800 pages ne suffira jamais à en tirer une conclusion complète et définitive, tant cette quête fait avant tout appel à un référentiel : C'est à dire à notre conception individuelle propre de la notion de vérité ainsi que du bonheur, qui peut se révéler très sensiblement différente d'une personne à une autre.

La quête de vérité absolue peut-elle être source réellement de bonheur ?
En savoir trop peut-il être source de déception ?
Le bonheur peut-il se manifester par le savoir juste ?

Je réalise soudain telle une illumination spirituelle que la question de ce forum n'est pas anodine et embrasse finalement tout le paradoxe de l'intelligence d'un être humain à haut potentiel. Comme le titre évocateur de l'ouvrage de Jeanne SIAUD-FACCHIN "Trop intelligent pour être heureux ?", comment être heureux avec ce potentiel "hors norme" si celui-ci se manifeste très justement par une quête constante de vérité absolue ? En tous les cas, il est certain que chercher à comprendre les choses est un mécanisme susceptible de révéler des faiblesses dans les êtres et dans les choses. Or, trouver des faiblesses à vouloir détenir absolument la vérité, n'est-il pas le début de possibles désillusions ?

En somme, la quête de vérité est-elle une entrave au bonheur ? Tout me pousse à croire que potentiel intellectuel "hors norme" présente une très forte probabilité de résonner comme des insatisfactions voire des tristesses d'intensités "hors normes" chez ceux qui détiennent ce "don" si particulier de vouloir constamment dépasser les limites du conformisme et de l'existant. On en revient ici à la notion de référentiel. Pour un esprit "normal", se poser tant de questions est une perte de temps, une futilité, une vraie folie alors que pour l'adulte créateur, ne plus se poser de questions et ne plus pouvoir s'amuser à y trouver des réponses, c'est le début de l'effondrement de son espace de vie pouvant conduire à des dépressions.

La quête de vérité absolue est le moteur même du processus créatif et manifestation authentique de la douance.
Pas étonnant donc que j'en viens désormais à percevoir de plus en plus clairement ce qui fait ma spécificité intellectuelle et surtout pourquoi cette fausse impression très curieuse que la douance m'eut quitté alors que les neurosciences attestent que le "surdon" demeure à l'âge adulte. L'explication se trouve en ce découragement très profond qui foudroya mon processus de questionnements à un moment donné de ma progression, en tous les cas en raisonnement littéraire car comment expliquer dans le même temps l'émergence de ce talent photographique si perceptible par les autres ? C'est ainsi comment s'exprime l'extrême lucidité des hauts potentiels qui ne croient pas en leur intelligence, qui ne croient pas en leurs aptitudes particulières et qui continuent à en douter, même lors de diagnostics particulièrement fiables avec une psychologue. Trop soucieux de détenir la vérité absolue, même des résultats irréfutables sur leur nature ne sont pas audibles par leur conscience car il leur faudra en savoir toujours plus sur le pourquoi du comment.

Il est alors possible que fatigué ainsi que agacé lui-même d'autant de questions incitées par son cerveau surefficient, l'adulte à haut potentiel veuille arrêter sa machine à penser de lui-même en inhibant ses facultés exceptionnelles mais tôt ou tard, il y aura réveil (rarement tendre) car on ne peut éternellement courir contre sa nature de "grand penseur". Telle une rivière que l'on dévie de sa trajectoire originelle, il existe toujours un moment fatidique où la nature reprendra le dessus sur cette rivière abandonnée à elle-même pour lui faire ré-épouser ses contours de départ. L'adulte à haut potentiel qui s'est cru à l'abri en épousant le cadre n'échappera pas aux mêmes genres d'incitations par les éléments extérieurs tout le long de sa vie de devoir faire face à son authenticité pour exprimer sa différence intellectuelle de temps en temps, sinon il tombera malade.

Avant même de poursuivre mon essai, quelques citations m'interpellent sur cette notion du bonheur et alimentent mon cheminement vers de nouvelles interrogations :

"Le plaisir n'est que le bonheur d'un point du corps. Le vrai bonheur, le seul bonheur, tout le bonheur est dans le bien-être de toute l'âme." Joseph Joubert

"Le grand obstacle au bonheur, c'est de s'attendre à un trop grand bonheur." Bernard Fontenelle

"Qui a fait du bonheur sentimental l'unique et nécessaire condition du bonheur ? Il suffit peut-être de réaliser quelque chose qui nous dépasse pour accéder à l'au-delà du bonheur." Noël Audet

"Le plus grand secret pour le bonheur, c'est d'être bien avec soi." Bernard Fontenelle

"Le bonheur, on ne le trouve pas, on le fait. Le bonheur ne dépend pas de ce qui nous manque, mais de la façon dont nous nous servons de ce que nous avons." Arnaud Desjardins

"On peut oublier Dieu pendant le bonheur, mais lorsque le bonheur fait place à l'infortune, c'est toujours à Dieu qu'il faut revenir." Alexandre Dumas

Les citations sont par définition des formules statiques, toutes faites, mais c'est de leur combinaison que je parviens à percevoir un certain volume dans cette notion de bonheur, ce sentiment inqualifiable de plénitude temporaire tout à fait abstrait et aérien. Même si on différencie clairement la notion de plaisir de celle du bonheur dans sa définition philosophique propre, pour un adulte à haut potentiel et en tous les cas pour ma part, la frontière entre ces deux états me semble beaucoup plus mince, compte-tenu certainement de l'hypersensibilité. L'adulte à haut potentiel ne se sent réellement investi dans une mission captivante que si finalement, il y a notion de dynamisme dans son existence donc ce que les philosophes qualifient de plaisir (le bonheur étant jugé de statique). Anti-conformiste, il semblerait bien que l'adulte à haut potentiel ne puisse donc se déclarer réellement heureux que si les conditions de plaisir, de mouvement et de bien-être tout d'abord avec lui-même sont réunies.

En somme, il semblerait surtout que la frontière entre les états du bonheur et celui du plaisir semblent si minces car comme tous les adultes à haut potentiel, mes passions se vivent dans l'extrême, se vivent dans les expériences "limites", se vivent dans une certaine forme d'addiction au savoir et aux expérimentations. Pour moi, c'est avant tout le sensoriel qui compte : Une passion se vit tout simplement au contact des choses, sans compromis ni contournements et tant pis pour les autres autour, qui ne comprennent rien à la situation !

Cette nécessité de vivre constamment les choses à fond dans le plaisir le plus intense possible pour voler équilibré tel un albatros, est une constatation qui démontre à elle-seule pourquoi je ne vivrai jamais vraiment heureux avec cette douance alors que rien ne me manque (surtout pas un talent photographique qu'on peut me jalouser) car le grand obstacle que je rencontre en prenant de l'âge, sorti de l’insouciance de l'enfance, c'est une certaine forme d'accoutumance au bonheur comme celle qui impose à consumer toujours plus de cigarettes à un fumeur au point qu'un jour, à force de viser un plaisir toujours plus haut, on finit par être frustré par la stagnation puis la diminution des effets recherchés par cette addiction aux produits consommés que ce soit la cigarette, l'alcool ou dans mon cas, la quête perpétuelle vers un savoir toujours plus grand. C'est certainement ce qui peut expliquer le suicide de grands surdoués comme Vincent Van Gogh, qui à force de viser constamment un niveau d'extase toujours plus élevé dans leur quête du perfectionnisme dans leur art, ne connurent jamais la chance d'être vraiment heureux et finirent par en devenir totalement fous, surtout si l'absinthe ou la drogue venaient ternir le tableau...

Lorsque le cerveau est perdu, je dois reconnaître que Dieu est un bon refuge car comme Jean-Paul II le déclarait lorsque j'étais enfant : "L'espoir ne déçoit jamais". La religion est un bon refuge pour les âmes égarées et les coeurs solitaires. Quoiqu'en disent les esprits athées, la religion est une force spirituelle puissante qui évite de se faire happer par les tentations des autodestructions radicales ou lentes.

Reste seule option positive dans cette quête d'une joie et finalement d'un bonheur toujours plus grand, c'est la possibilité en fin de vie de certains de ces adultes à haut potentiel qui parviennent à maintenir leur équilibre mental, de dépasser le simple bonheur en réalisant un nouveau produit de l'esprit qui surpasse la sphère du connu, en y répondant par l'innovation pour l'humanité...

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