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Sans doute venez-vous de débarquer sur mon blog en suivant la piste de la douance, de la psychologie ou d'un tout autre sujet débattu ici, le temps d'un billet. Je suis un adulte à haut potentiel intellectuel/surdoué de 35 ans, diagnostiqué à 12 ans alors que je traversais les périodes les plus sombres de la genèse de mon existence sur terre. Aujourd'hui, je m'épanoui à la lumière de mes passions les plus dévorantes telles que l'astronomie, la photographie, les volcans, la psychologie analytique ou encore les bovins. N'hésitez pas à interagir avec moi sur certains de mes billets en y déposant vos propres commentaires. Même en l'absence de réaction de ma part, ceux-ci présentent toujours l'intérêt d'apporter des compléments d'information mais aussi de me donner matière à réfléchir personnellement...

vendredi 6 mai 2011

Vivre dans un monde sans chiffres

De nombreux chercheurs ont travaillé sur le fonctionnement du cerveau et notamment sur les sujets présentant des caractéristiques intellectuelles "hors normes" à la droite de la courbe de Gauss (surefficience mentale). Ainsi, l'histoire démontre que la plupart des grands créateurs (Newton, Einstein, Van Gogh...) furent souvent des gens souffrant d'une intelligence très différente s'illustrant par une forme de déséquilibre ou décalage par rapport aux 70% d'individus situés dans la large moyenne (QI 85 à 115).

Les recherches évoluant, nous nous sommes rendus compte que les 2,3% de personnes présentant un haut potentiel intellectuel (QI supérieur à 125 en Verbal et/ou Performance) pouvaient contenir toutes formes d'individus souffrant d'altérations diverses. De plus en plus de psychiatres, psychologues, médecins, n'hésitent plus à considérer les personnes à haut potentiel intellectuel comme des cousins des autistes de haut niveau (syndrome d'Asperger), en somme une seule et même famille d'individus présentant des caractéristiques mentales "hors normes". Parmi les personnes à haut potentiel intellectuel, il existe ainsi deux sous-groupes de personnes, celles au QI homogène (Verbal = Performance) et celles au QI hétérogène (Verbal ≠ Performance).

Les surdoués au QI homogène (Verbal = Performance - différence inférieure de 12 points) sont des individus qui présentent le spectre d'intelligence différente complet. En dehors du fort décalage ressenti avec l'extérieur, ces surdoués arrivent à exploiter la quasi-totalité de leur potentiel et ne souffrent donc pas à priori de décalage avec leur intérieur-intérieur homogène. En revanche, les surdoués au QI hétérogène (Verbal ≠ Performance - différence supérieure de 12 points) souffrent d'un double décalage perturbant (intérieur-extérieur et intérieur-intérieur).

Si on se réfère à la page 49 du livre de la psychologue clinicienne Stéphanie Bénard "Etre adulte à haut potentiel", le QI hétérogène qui s'apparente à un écart supérieur à 12 points est très souvent constaté et même parfois présenté comme une caractéristique (ce qui est discutable), chez les personnes à haut potentiel intellectuel. Cette hétérogénéité trouve souvent son explication dans l'existence de troubles "dys" ou bien alors de traumatismes psychologiques graves pendant l'enfance (blocages) résultant de leur hypersensibilité.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'enfant ou l'adulte surdoué n'est pas celui qui vit une vie sociale très épanouie, premier de la classe tout sourire mais c'est plutôt une personne qui présente souvent un certain "handicap" (parfois une combinaison de plusieurs "handicaps") pour s'intégrer dans la vie sociale dès sa naissance. Parmi ces êtres à haut potentiel, on compte un nombre non négligeable de :
  • Dyslexiques
  • Dyspraxiques
  • Dyscalculiques
  • Troubles de l'attention
  • Tous les autres troubles d'apprentissage non verbaux possibles
Surdoué au QI hétérogène, je suis personnellement un surdoué dyspraxique. C'est ainsi par exemple que enfant, j'étais un surdoué qui présentait des traits de retards autistiques et il aurait été très mal aisé de m'attribuer quelconque "surdon" intellectuel. Je n'ai su monter à bicyclette que vers 10 ans et je n'ai su faire des lacets à mes chaussures que autour de 11 ans. Incapable de jouer au sport, même tardivement (au delà de mes 15 ans) . Bref, de loin, j'avais toutes les apparences du déficient mental par excellence !

La dyspraxie, particularité peu connue dont les trois quarts des enfants ne sont pas diagnostiqués évolue fort heureusement très positivement avec l'âge mais reste présente à l'âge adulte. Dans mon cas, elle est très certainement d'ordre développemental (certaines zones de mon cerveau impliquées dans l'apprentissage furent ou/et sont toujours non fonctionnelles) comme un parterre de fleurs dont certaines auraient écloses et d'autres, non.

Sur le site du Centre Référent en Lorraine pour les Troubles du Langage et des Apprentissages (http://clap.chu-nancy.fr/qu-est-ce-qu-un-trouble-des-apprentissages/la-dyspraxie/la-dyspraxie-gestuelle), on  décrit notamment très précisément mon cas clinique pour les enfants surdoués : "Certains enfants ayant développé une intelligence verbale supérieure à la moyenne apparaissent comme "dyspraxiques". Comme la sphère verbale est plutôt bien investie par les parents et les professeurs, ces enfants se sentent valorisés par leurs compétences verbales et ne font plus l'effort d'investir le corps et le manuel. Ils sont d'ailleurs plutôt mal perçus par les petits copains agiles en cours de récréation et passent pour des "intellos" auprès de leurs pairs, ce qui renforce leur inhibition, ou plutôt l'évitement des stratégies non-verbales. Cela peut aller jusqu'à un développement dysharmonieux de leur personnalité. Doit-on les considérer comme de vrais "dyspraxiques"? Pour ces enfants, s'ils sont pris en charge relativement tôt (pour éviter les troubles de personnalité secondaires), la rééducation marche plutôt bien car il s'agit en général d'un retard d'acquisition et pas d'un déficit primaire."

On retrouve ce genre de troubles chez beaucoup d'Aspies de haut niveau (Syndrome d'Asperger) ce qui explique pourquoi mes parents durant ma tendre enfance (3 à 9 ans) avaient suspecté que je pouvais être éventuellement autiste. Certains Aspies de haut niveau sont très justement capables de prouesses incroyables comme traduire jusqu'à 25 langues vivantes différentes ou détenir une mémoire absolue sur plusieurs centaines de livres mais sont paradoxalement incapables de s'habiller seuls ou de se rendre seuls à un rendez-vous ou même tout simplement de communiquer avec le monde extérieur.
Je n'en suis absolument pas à ces extrémités car je suis totalement autonome comme une personne ordinaire mais cette explication avait simplement pour but de vous illustrer que le "génie extrême" chez ces personnes découlent d'une anomalie fonctionnelle du cerveau, anomalie cérébrale ne découlant donc pas obligatoirement sur la débilité mentale mais plutôt dans ce cas précis sur une intelligence différente de la grande majorité de la population. Cette explication avait pour finalité de spécifier que je vivais moi-même, dans de très moindres mesures, dans mon propre monde intellectuel et que je rencontrais donc mes propres difficultés de communication avec le monde extérieur. Or, il est par définition naturel que l'être humain non éveillé, classe tout ce qui ne rentre pas dans la norme établie et tout ce qu'il ne parvient pas à comprendre comme mauvais, indésirable, minable, raz des pâquerettes... Ironie du sort, une véritable richesse humaine qui glisse finalement injustement dans la corbeille du monde !

Le monde est constitué d'au moins neuf intelligences différentes.
Aujourd'hui comme hier, ma douance s'exprime depuis toujours et surtout par une intelligence très créative dans le littéraire. Rares sont les personnes véritablement polyvalentes et un véritable don s'exprime presque toujours dans une intelligence bien particulière. La représentation de la personne pas très heureuse, tout à fait pointue et obsessionnelle dans un sujet bien précis mais complètement à côté de ses pompes dans tout le reste, qui se néglige corporellement ou socialement car elle vit totalement dans son monde, me semble l'illustration la plus juste de l'individu à haut potentiel. J'y correspond assez.

Page 55 du livre de la psychologue clinicienne Stéphanie Bénard "Etre adulte à haut potentiel", on notera d'ailleurs que le passage de l'enfance à l'état adulte se manifeste presque toujours par des variations des caractéristiques : "La douance adulte reste méconnue ; cependant à l'âge adulte certaines caractéristiques que l'on repère chez les enfants surdoués disparaissent pour en faire naître de nouvelles. Se comprendre et reconnaître son surdouement, ne plus se sentir isolé et désemparé change tout".

Depuis toujours, "surdoué en aptitude langagière" (cette capacité à jouer, raisonner et créer avec les mots comme d'autres jouent avec les chiffres, à manipuler l'humour, à repérer intuitivement un intrus même sur une liste de mots dont je ne connais même pas la signification !), j'ai réalisé plus tardivement (surtout vers 22-23 ans) l'existence malgré tout de bonnes aptitudes visuelles (sans surdon particulier) lorsque j'en suis venu à la photo ou en m'illustrant particulièrement brillamment tout à la fin de mes études techniques. En revanche, aux antipodes, mon gros point faible restera certainement à vie les relations logico-mathématiques (raisonner avec des chiffres).

Les chiffres sont comme langue morte pour moi. Je n'arrive pas en saisir la logique ni le concept. Mes aptitudes avérées (au dessus de la normale ou dans les normes selon les domaines) s'illustrent par un monde principalement dominé par les images harmonieuses, les sons et odeurs agréables. Les chiffres me rapportent constamment à une notion d'injustice et de décisions arbitraires. Avec les chiffres, c'est l'image de l'inégalité, de la compétition, de la soumission, de la ségrégation, de la catégorisation. En somme, je crois que les chiffres me rapportent à des douleurs psychologiques vécues dès l'école primaire et à l'idéal d'un monde qui ne sera jamais ; il y a eu et il y aura alors incontournablement toujours souffrance intérieure en ce qui me concerne, au point que je ne supporte plus la télévision, ni la moindre relation culturelle à ce monde.

Les chiffres me renvoient principalement les douloureuses images :
  • Des notes de la période étudiante qui vous jugent brillant ainsi que fréquentable ou alors totalement nul ainsi que destiné au rejet perpétuel d'un groupe d'individus ou de la société ;
  • De notre monde capitaliste par définition où l'humain est réduit à marchandise et à des décimales ;
  • De la définition de position sociale ("Selon que vous soyez puissant ou misérable [...]" - Jean De la Fontaine) ;
  • Des tatouages inscrits sur les bras des personnes parvenant aux camps de concentration durant la seconde guerre mondiale et qui arbitraient de leur avenir (mort immédiate, travail forcé,...) ;
Heureusement, il existe les bons mots, les belles images, les délicieuses sonorités, les délicates odeurs pour ouvrir les coeurs, apaiser les consciences, soigner les plaies de l'âme, pour décrocher les sourires, laver les yeux du sable de la détresse, pour concrètement conduire le grand train de l'espérance à bonne destination...

2 commentaires:

GIRARD Maud a dit…

Bonjour Arnaud,
Je vous écris car je suis tombée sur votre blog en effectuant quelques recherches et votre article m'a interpelé.En effet il y a un mois une amie a évoqué l'idée que je pourrais être hpi.A la suite de cela je lis divers bouquins et me questionne.Votre profil m'intéresse car malgré une hypersensibilité accrue je ne crois à cette théorie notamment car j'ai des problèmes d’orthographies et surtout je n'ai jamais compris la logique des maths. A la suite de ce constat je suis tombé sur l'hypothèse de la dyspraxie.Je pense que c'est une bonne piste.
Je vous écris cela car j’apprécirai beaucoup discuter avec vous. Il est possible que vous puissiez m'éclairer sur certains points.
Bien cordialement.

styleest a dit…

Je viens de lire un autre de vos articles pour essayer de mieux vous comprendre (c'est toujours intéressant, intellectuellement parlant) et bien mal m'en a pris, vous descendez encore d'un cran dans mon estime en ce que je constate que vous n'êtes qu'un SUIVEUR.

... et si vous étiez la personne que vous prétendez être, vous comprendriez instantanément le sens profond de ce diagnostif (toujours gracieusement posé aux fins de vous venir en aide), mais je doute que vous y arriviez.

Bien à vous tout de même (on ne tire pas sur une ambulance)

Eliane

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