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Sans doute venez-vous de débarquer sur mon blog en suivant la piste de la douance, de la psychologie ou d'un tout autre sujet débattu ici, le temps d'un billet. Je suis un adulte à haut potentiel intellectuel/surdoué de 35 ans, diagnostiqué à 12 ans alors que je traversais les périodes les plus sombres de la genèse de mon existence sur terre. Aujourd'hui, je m'épanoui à la lumière de mes passions les plus dévorantes telles que l'astronomie, la photographie, les volcans, la psychologie analytique ou encore les bovins. N'hésitez pas à interagir avec moi sur certains de mes billets en y déposant vos propres commentaires. Même en l'absence de réaction de ma part, ceux-ci présentent toujours l'intérêt d'apporter des compléments d'information mais aussi de me donner matière à réfléchir personnellement...

jeudi 8 mars 2012

Alice Miller : Abus et maltraitance de l'enfant

Complémentairement à la psychologie analytique de Carl Gustav Jung, il existe une voie importante à explorer pour comprendre les troubles psychologiques d'individus adultes : Celle de l'enfance et particulièrement celle se forgeant au gré des évènements notamment subis par l'enfant entre 0 et 2 ans. Au cours de ces deux premières années d'existence, l'inconscient individuel de l'individu est le plus influencé. Dans ce domaine de la psychanalyse, on trouve plusieurs personnalités marquantes au milieu desquelles se détache le portrait d'Alice Miller (1923 - 2010) dont l'intégralité de la démarche intellectuelle ainsi qu'humaine sera de décortiquer l'influence excessivement néfaste sur l'être humain des abus et maltraitances qu'il aura subi lors de son enfance. Je suis presque sur le point d'achever son ouvrage de 1985 C'est pour ton bien ! - Racines de la violence dans l'éducation de l'enfant et je mesure toute la difficulté d'analyse psychanalytique d'une enfance. Je ne suis décidément dans ce domaine, pas au bout de mes peines. Cela suppose de parvenir à intégrer dans ma réflexion un sujet très complexe en qualité de simple explorateur curieux de la psychologie alors que celui-ci n'est déjà pas toujours correctement appréhendé par les professionnels eux-mêmes. Dès les premières lignes de son livre, il est heureux d'y voir surgir la notion de psychologie des profondeurs. Elle ne le nomme pas explicitement mais il s'agit bel et bien du même Carl Gustav Jung lorsqu'on parle de cette branche de la psychologie. Régler une névrose chez un adulte équivaut bien souvent à effectuer un voyage dans ses profondeurs, celles d'un passé meurtri ou perturbé par des faits de l'enfant qu'il fut jadis. Les experts m'excuseront certainement peut-être d'un raccourci dans ma conclusion mais il me semble comprendre le travail d'un Jung plus large de part son aventure jusque dans l'inconscient collectif alors que Aline Miller va s'efforcer de concentrer son influence sur la seule possibilité d'extirpation depuis l'inconscient individuel propre à la personne, des sources de sa névrose présente. Comme presque toujours, lorsque l'inconscient au sens large remonte au statu de conscience, l'individu est soigné.

Avant de devoir soigner un adulte d'un violent passé, il convient de prévenir en lui assurant, enfant, une bien saine éducation. Éduquer correctement un enfant n'est pas un exercice facile et cela d'autant plus qu'il existe une pédagogie noire reflétant les méthodes des siècles derniers selon lesquelles mes propres parents ont été élevés. Le risque totalement inconscient de reproduire les coups, menaces, humiliations reçues durant l'enfance est désormais un mécanisme connu. Nous savons au combien grâce à cette dame, surtout au détour de l'un de ses autres livres Le drame de l'enfant doué de 1983, oh combien l'hypersensibilité des personnes douées (surdouées) les placent en première ligne pour éponger des tonnes d'émotions pendant les premières années de leur vie et les retourner ensuite contre eux-mêmes ou contre les autres d'une façon pouvant prendre la tournure d'une véritable tragédie. On pourra par ailleurs y repérer également chez certains, les raisons de l’existence d'un cercle vicieux constant de manque cruel de confiance en eux. Pas besoin pour observer un tel cas d'école d'aller voir en dehors de mes propres parents. Ma propre mère n'a pas eu d'enfance heureuse et inconsciemment ma chère mère a grandi dès sa naissance en construisant toute sa vie sur la culpabilité permanente d'avoir coûté le prix d'une maison à ses parents. Résultat, ma mère s'est forgée son image sur le seul reflet négatif du miroir déformant renvoyé par son milieu familial et passa sa vie avec le sentiment destructeur de ne pas être désirée mais aussi d'être bête. Or, je suis chaque jour éblouit par le merveilleux potentiel qu'elle peut déployer en informatique et autres domaines annexes.

Au détour des extrêmes de la violence pouvant être infligée à un enfant, on rencontre deux êtres : Adolf Hitler et Jürgen Bartsch, deux grands criminels. L'un a plongé le monde entier dans le chaos en vouant une haine terrible envers les juifs au point d'instaurer leur extermination de masse et l'autre fut un tueur en série ayant assassiné quatre enfants dans des circonstances particulièrement morbides. Souvent, on juge notre prochain très sévèrement sur ses actes les plus répréhensibles mais portons-nous un regard sur les raisons de l'escalade de ces êtres vers la monstruosité ? Est-ce qu'un individu naît monstre ou devient monstre ? Lorsque j'étais adolescent, j'avais déjà une opinion très tranchée sur cette question, sans même avoir étudié le moindre ouvrage de psychologie des profondeurs ou de psychanalyse car mon propre vécu de personne surdouée, victime du système majoritaire, victime des autres m'avait considérablement sensibilisé aux moteurs du basculement d'un être vers l'auto-destruction ou la destruction. Je ne fus guère compris lorsque j'aborda notamment dès l'âge de quinze ans mon intime conviction en les désordres induits sur une personnalité par l'humiliation, la frustration, les harcèlements continuels. Ne soyons plus étonnés par la recrudescence de la violence dans les quartiers sensibles par des bandes de jeunes tandis que la méthode provocatrice du karcher proposée par un ancien ministre de l'intérieur ne fut qu'un pas de plus dans le mauvais sens conduisant à s'éloigner toujours davantage de la solution censée instaurer le calme. Bien que d'autres paramètres entrent en jeu dans l'équation, l'humiliation, la stigmatisation, la frustration, l'injustice envers une certaine jeunesse sont les principaux pivots de ses révolutions. Alice Miller le démontre page 227 et 228 avec Hitler et j'en suis convaincu depuis fort longtemps : On ne naît pas monstre mais on devient monstre. La société construit ses monstres et programme elle-même les futurs acteurs qui viendront illuminer nos journaux de faits divers parfois macabres. Les monstres que sont révolutionnaires, tortionnaires et criminels sont tout d'abord et avant-tout les produits d'une société malade, basée sur les vieux concepts de la "pédagogie noire", des victimes pures et simples de violences dont ils se feront ultérieurement les continuateurs.

Alice Miller : "L'opinion publique est loin d'avoir pris conscience que ce qui arrivait à l'enfant dans les premières années de sa vie se répercutait inévitablement sur l'ensemble de la société, et que la psychose, la drogue et la criminalité étaient des expressions codées des expériences de la petite enfance...". Passionné de psychanalyse, assoiffé de compréhension, ce livre m'a personnellement permis d'intégrer consciemment l'incompétence parfois effrontée de l'éducation nationale dans le jugement d'un petit être. "Tu es nul", "Tu vaux rien", "Tu es une chochotte", "Tu es un fainéant", "Tu es un abruti",...Combien de mots lancés comme des poignards dont les émetteurs ne se rendent même pas compte de leur portée à long terme. Victime de ma différence dont mon hypersensibilité naturelle décuplait l'intensité, les humiliations reçues étant enfant par quelques membres de ma famille, quelques instituteurs d'écoles et de collèges, ont considérablement conditionné mon image intérieure d'adulte d'aujourd'hui et l'image portée en direction de mes semblables. Je ressens cette colère appartenant à une autre époque monter en moi souvent lorsque je me retrouve face à face avec mon passé dans le destin de d'autres enfants surdoués en détresse. En effet, comment aimer un prochain dont le comportement porte "persistiblement" l'incarnation du mal, de l'ennemi ou des personnes à abattre ??? Je souhaite prendre le contre-pied d'un tel vécu et m'instaurer une démarche humaine ainsi que constructive, au lieu de sombrer trop facilement dans la révolte et la destruction.

Si aujourd'hui, je suis devenu un adulte équilibré, je le dois en premier instance à des parents totalement investis dans ma quête du bonheur, au fur et à mesure de l'égrainement des âges. Leur "pédagogie blanche" est celle que je souhaiterai poursuivre avec succès sur mes propres futurs enfants. Souvent combattus, jugés très mal à propos de "moralistes", de "bourges" ou de "profiteurs" par certains membres de ma famille, mes parents auront pourtant suivi par le pouvoir de leur seule intuition, à mon avis, le chemin éducatif le plus juste pour mes frères/soeurs et moi-même. Dans la construction de tout adulte, il n'existe pas pire qu'une enfance vouée aux coups, aux vexations et blessures continuelles. A cela bien-sûr, je conclurai sur une observation intéressante correspondant bizarrement à l'attitude de Jürgen Bartsch : Mon frère David, très jeune, fut initialement un enfant très propre mais suite à un séjour très traumatisant auprès de mes grands-parents maternels favorables à l'application de la "pédagogie noire" basée sur les méthodes vexatoires et humiliantes du XIXème siècle, mes parents constatèrent le rapide déclin de ce frère dans sa propreté mais aussi dans ses résultats scolaires. Curieusement, petit dernier de trois enfants, étant né douze et treize ans après ce frère et ma soeur aînée, je fus excessivement protégé par mes parents et mis à l'écart des méthodes vexatoires de mes grands-parents maternels, ce qui me vaut aujourd'hui de ne pas présenter le même niveau d'ingratitude névrotique envers mes parents que celui manifesté par mes deux aînés. Agissant comme des miroirs de ce que nous avons reçus comme messages, visions, exemples ou éducation, je me montrerai également plus intelligent que mes aînés dont hélas, leur manque de discernement sur la situation les auront conduit à faire de moi également leur bouc-émissaire, en concluant simplement sur le fait que nos grands-parents auront eu une influence extrêmement néfaste sur le climat général de notre famille. Au lieu de nous fédérer, ils se seront acharnés jusque dans leurs toutes dernières années à entretenir le trouble, le flou, la jalousie, la division pour mieux régner.

En cela, le livre d'Alice Miller invite à être plus humain pour enfin briser les mécanismes conduisant à de pareilles destinées et éviter à la génération suivante de perpétrer ces violences, ces humiliations et ces bêtises. Il n'y a pas de secret, il y a ceux cherchant à comprendre dans le calme comme moi pour tenter de ne pas calquer les erreurs du passé sur le futur et ceux se réfugiant bêtement, sans questionnement aucun, dans la reproduction perpétuelle de vieux schémas éducatifs conduisant à une voie sans issue...

Abuser et maltraiter un enfant, c'est obligatoirement construire une bombe à retardement.

3 commentaires:

Kayeza a dit…

Plus sérieusement, je suis globalement d'accord avec tes propos. Pour moi aussi, la question de l'éducation des enfants est une priorité (même si, comme toi, je n'en ai pas - encore). Mais même dans mes propres propos, le terme d'éducation me heurte. Pour "éduquer", le dictionnaire dit "Donner à quelqu'un, spécialement à un enfant ou à un adolescent, tous les soins nécessaires à la formation et à l'épanouissement de sa personnalité." Mais aussi, par métonymie "Développer et former par un entraînement approprié." Si l'on pouvait s'en tenir à la première définition sans glisser dans la seconde, le monde s'en sortirait certainement mieux. Il ne s'agit pas de faire de nos enfants ce que nous voudrions qu'ils soient (quelles que soient les bonnes intentions que nous y mettons), il s'agit à mon avis de leur permettre de devenir ce qu'ils sont déjà.

Anonyme a dit…

Merci Kayeza pour votre visibilité sensible et emprunte de clarté de vison simple et vibrante, ce qui rejoint ce que nous sommes de plus en plus nombreux à constater fort heureusement.

Nous ne sommes pas venu au monde pour fonctionner, ni pour être éduqués. Mais justement être respectés dans notre intégrité.

Nous sommes en vie pour VOIR et reconnaître que nous devons permettre à l'enfant d'ÊTRE ce qu'il est déjà, c'est à dire, un être innocent et vrai dès sa naissance pour ainsi l'accompagner avec coeur et force vers son épanouissement et personnalité propre à lui.

Nous n'avons que l'unique vrai choix de le respecter tout en prenant conscience de notre propre histoire passée pour ne plus refouler, ni nier notre enfance blessée et éviter de lui transmettre ce germe de mensonge.

S'aider soi même à guérir de notre enfance blessée pour être enfin vrai avec l'enfant.

L'enfant qui deviendra à son tour un adulte autonome grâce à cette bienveillance que produit l'attention de chaque instant de vie. Lui laisser vivre ses propres émotions et éviter le refoulement qui fait tant de ravages arrivé à l'âge adulte.

Et même si le conditionnement du moule de la société est avilissant et cruel de part son fonctionnement erroné depuis des siècles (si peu, voir "rarement" remis en cause, fait perdurer ce fonctionnement de manipulations en tout genre qui tord de force et violemment nos enfants toujours innocents dès leur 1er souffle) et nous dégager de l'aveuglement et de la cécité émotionnelle en protégeant l'enfant du mensonge collectif. Tout en apprenant à l'enfant à découvrir son intégrité propre et le rendre enfin libre de ce mode de fonctionnement ambiant dans nos sociétés conditionnées par le refoulement des affects qui a assez perduré et engendré le malheur de notre humanité souffrante.

De tout coeur Merci

Vita

Gicarmel a dit…

Le livre d'Alice Miller "C'est pour ton bien" fut une belle découverte. J'ai pris conscience de la violence dans l'éducation stricte reçue et en tant que professeur, j'ai observé cette violence dans le système scolaire également. On réalise que tout prend racine dans la petite enfance. Une bel encouragement à changer sa vision de l'éducation, pour le bien des générations futures

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