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Sans doute venez-vous de débarquer sur mon blog en suivant la piste de la douance, de la psychologie ou d'un tout autre sujet débattu ici, le temps d'un billet. Je suis un adulte à haut potentiel intellectuel/surdoué de 35 ans, diagnostiqué à 12 ans alors que je traversais les périodes les plus sombres de la genèse de mon existence sur terre. Aujourd'hui, je m'épanoui à la lumière de mes passions les plus dévorantes telles que l'astronomie, la photographie, les volcans, la psychologie analytique ou encore les bovins. N'hésitez pas à interagir avec moi sur certains de mes billets en y déposant vos propres commentaires. Même en l'absence de réaction de ma part, ceux-ci présentent toujours l'intérêt d'apporter des compléments d'information mais aussi de me donner matière à réfléchir personnellement...

dimanche 28 octobre 2012

L'adulte surdoué et le travail : Intégration à risques

Mon déchaînement s'exprimant dans la rédaction de ce billet est provoqué brutalement par un article publié dans LES ECHOS, le 23 octobre 2012. Ce dernier me fait brutalement sortir de moi-même tel un très très désagréable glissement de terrain intérieur et m'inspira à l'expression de ma vérité au quotidien : Mon ennui profond d'adulte à haut potentiel intellectuel à mon poste de travail. Je fais parti de ses hauts potentiels qui, après avoir été réellement infernaux, rebelles à l'école, ont un jour rencontré leur vocation et se sont fondus finalement un peu plus dans la masse, brutalement occupés pour quelques temps par une très riche nourriture intellectuelle en adéquation avec les souhaits subconscients attendus de leur psycho-affectivité réelle. Toutefois, la rencontre d'une vocation stabilisatrice ne résout en rien ma nature profonde et même si j'appartiens à ces potentiels élevés optant volontiers pour la dissimulation en vue de m'éloigner des possibilités de souffrir ou escamotant la nécessité de justification sur mes centres d'intérêts hétéroclites, mon humour très particulier et mon côté hyperactif ne laissent jamais quiconque indifférent puisque ces deux éléments s'exprimant toujours avec une certaine saveur provocatrice.

Bien que satisfaisant en tous points les différentes demandes de production de plans soumises jour après jour par mes collègues ou la direction de mon entreprise, je suis un Dessinateur/Projeteur souffrant profondément d'incompréhension et de reconnaissance de ma hiérarchie. Je ne fais pas savoir cet état de fait car les expériences professionnelles du passé furent douloureuses, notamment celle de l'automne 2005 où je fus purement et simplement précipité dans un broyeur, me conduisant pour longtemps à déserter le plan des propositions en renonçant à aller de l'avant face à une peur de l'échec devenue terrifiante. Mon débarquement dans le monde du travail a été vécu comme particulièrement terrifiant. J'ai appris la dissimulation, l'adaptation à l'attente, l'acceptation que je sois rabroué lorsque je demande une formation à un responsable (même s'il s'agit d'un droit) et puis enfin, la négociation avec un milieu pourtant toxique pour ma personnalité atypique que je ne peux pas dévoiler ouvertement. Seul l'humour, système de défense bien connu de la plupart de mes confrères/consoeurs me permet de survivre en mettant en distance les sensations et sentiments "douloureux" de ce qui représente la seconde face de la haute intelligence. Chaque jour, je me sais moqué et je sais que l'on me prend ouvertement pour un individu n'ayant pas de suite dans les idées mais que faire pour trouver ma réelle place, débarrassé de ce faux-self s'étant établi très malignement au gré de mes dix dernières années en milieu professionnel ? Faire passer mes opinions en force ? Je sais très bien par expérience que ce n'est vraiment pas la bonne méthode car les normo-pensants ont un sens terriblement ennuyeux des règles de bienséance dont je n'ai que faire en réalité et dont il me fallu contre ma volonté, parvenir à utiliser pour me constituer un petit groupe d'alliés dans mon entourage. Passer en force, ce sera encore le risque que l'on me fasse comprendre qu'une hiérarchie et des hommes, cela se respecte et qu'émettre un avis, même de très bon sens pour son entreprise contre un haut responsable, c'est parfois risquer de prendre carrément la porte.

"Les surdoués sont des personnes ayant leurs côtés très difficiles à vivre, voire insupportables." Arielle ADDA, conférence du 27 octobre 2012.

Le monde professionnel ne sait décidément pas prendre soin des individus à haut potentiel se cachant dans ses entreprises et produit un immense gâchis de neurones en pêchant soit par orgueil, soit en convenant surtout qu'un poste se dessine obligatoirement/exclusivement sous le joug de la promotion du mérite en fonction des diplômes obtenus ou des écoles fréquentées. Même lorsque mon responsable avec lequel j'ai beaucoup d'affinités me délivre régulièrement des compliments sur mon travail, ceux-ci ne me parviennent que difficilement car le perfectionnisme est toujours sous jacent dans tout ce que j'entreprends. Naturellement plus sensible à mes défis personnels qu'aux récompenses, le monde professionnel n'a décidément rien compris à la bonne méthode pour obtenir le meilleur de moi-même. Mais justement, cette hiérarchie souhaite t-elle vraiment obtenir le meilleur de moi-même alors qu'elle obtient déjà énormément de ma part ?

Comme Guy de Maupassant dans Le Horla et autres nouvelles fantastiques, par peur de déranger avec mes vraies pensées puisque je sais que je dérange, j'en suis venu à ne plus exprimer tout ce à quoi je crois : "Quant à moi, maintenant, j'ai fermé mon âme. Je ne dis plus à personne ce que je crois, ce que je pense et ce que j'aime. Me sachant condamné à l'horrible solitude, je regarde les choses, sans jamais émettre mon avis. Que m'importent les opinions, les querelles, les plaisirs, les croyances! Ne pouvant rien partager avec personne, je me suis désintéressé de tout. Ma pensée, invisible, demeure inexplorée. J'ai des phrases banales pour répondre aux interrogations de chaque jour, et un sourire qui dit oui, quand je ne veux même pas prendre la peine de parler."

Aujourd'hui, j'ai pris le courage d'exprimer ici par écrit ma façon de voir les choses la plus profonde. Un jour ou un autre, ma colère intérieure, il faut qu'elle s'évacue d'une manière ou d'une autre, incompréhension ou compréhension de l'extérieur il y a. Je préfère encore l'exprimer sur la toile où celle-ci risque de trouver un écho favorable auprès de ma communauté d'individus "programmés" comme moi que de devoir me justifier sans cesse, encore et encore, auprès de personnes qui ne me comprendront jamais pour la simple et bonne raison qu'"ils n'ont pas le logiciel installé"-comme le disait encore très humoristiquement Arielle ADDA, lors de sa conférence sur l'adulte surdoué, le 27 octobre 2012.

Heureusement, la très haute intelligence possède sa part de résilience et on arrive parfois à trouver un équilibre relatif en combinant sphère personnelle et professionnelle. Je suis parvenu à faire fonctionner inconsciemment l'équation QI + QE + QS de Monique DE KERMADEC pour mon propre équilibre personnel par fractionnement (situation qu'elle a par ailleurs évoqué avec Arielle ADDA, le 27 octobre 2012). Je satisfais mon QI par mes sujets intellectuels d'intérêts personnels (bovins, histoire de l'homme, mécanique, technique photo), mon QE par l'entretien des émotions que me procure la découverte de lieux à photographier et enfin mon QS, en ayant appris à me "planquer" mais aussi à m'"écraser" pour avoir une sociabilité tout à fait correcte avec le monde extérieur. En fractionnant mon équation intérieure, je vacille continuellement entre adhésion et compromis avec le monde avec une légère tendance à l'évitement. Apprendre à faire simple tout en étant compliqué est l'un de mes exercices quotidiens, plus ou moins consciemment...Et cela fait maintenant trois décennies que çà dure !

A quand une société française qui cessera de sous-exploiter les adultes surdoués ???

Article originel LES ECHOS sur l'intégration des surdoués dans l'entreprise ayant provoqué ce billet :

2 commentaires:

Jonathan a dit…

Très intéressant ma foi cet article "des échos".
Tout est dit.

Le problème c'est que tout le monde s'en fout.
Peut-être que c'est à ces populations surdouées de prendre les devants, d'innover et d'aller vers des métiers plus autonomes et plus indépendants.

Je veux dire, en entreprise, les managers peuvent déjà peiner dans certains cas à gérer des personnalités difficiles, et ça encore c'est quand ils sont compétents.
Alors pour un surdoué, attendre "le prince ou la princesse charmant(e) manager", qui saura enfin voir ses qualités c'est peut-être de la folie.

Je fais préparateur de commandes à l'usine en intérim, je n'attends rien de ma hiérarchie, juste du respect et de la compréhension.
Se faire accepter comme on est, dans sa différence, c'est déjà une grande victoire.

esmey a dit…

quand est-ce que la société arrêtera de sous exploiter les surdoués ?
Le jour où le surdoué se rendra compte qu'il a fait une erreur d'analyse et s'est laissé manipulé par son "affectif".
Bref : qu'il est pas au bon poste ... sinon, il serait "épanoui"
Donc les "sur"... des lacunes dans certains domaines ...

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