Auteur du blog

Ma photo
Sans doute venez-vous de débarquer sur mon blog en suivant la piste de la douance, de la psychologie ou d'un tout autre sujet débattu ici, le temps d'un billet. Je suis un adulte à haut potentiel intellectuel/surdoué de 33 ans, diagnostiqué à 12 ans alors que je traversais les périodes les plus sombres de la genèse de mon existence sur terre. Aujourd'hui, je m'épanoui à la lumière de mes passions les plus dévorantes telles que l'astronomie, la photographie, les volcans, la psychologie analytique ou encore les bovins. N'hésitez pas à interagir avec moi sur certains de mes billets en y déposant vos propres commentaires. Même en l'absence de réaction de ma part, ceux-ci présentent toujours l'intérêt d'apporter des compléments d'information mais aussi de me donner matière à réfléchir personnellement...

lundi 4 juillet 2016

Le moi majoritairement "pensée" : Le piège du haut potentiel dans sa vie affective ?


Le 16 juin 2016, j'ai subi une opération chirurgicale de la face dorsale de ma main droite suite à une cellulite dorsale découlant de la toxicité du venin d'une araignée violon (Loxosceles reclusa). De ce fait, arrêté deux mois (jusqu'au 16 août 2016), je suis condamné à abandonner temporairement la photographie et mon travail officiel pendant cette période, le temps que la plaie engendrée par l'ablation des tissus nécrosés cicatrise et que je reprenne les pleines facultés de mes doigts (notamment de mon index). Dans cette attente fort longue, j'ai horreur d'être inactif et je me suis replongé de ce fait tout naturellement dans les activités me restant encore à portée : La lecture et l'écriture.

Au cours du mois d'avril 2016, je me suis confectionné une véritable bibliothèque dans le salon de mon nouveau domicile dans laquelle j'ai rassemblé avec joie tous les ouvrages traitant des sujets qui me sont les plus chers (astronomie, psychologie, philosophie, mythologie, histoire, optique, photographie, douance, neurologie...). Condamné à devoir tuer le temps utilement, je me suis saisi d'un ouvrage qui restait à explorer : Les conférences Tavistock de C. G. JUNG de 1935. Ayant toujours eu beaucoup de mal à croire au simple hasard mais plutôt bien davantage à la providence des événements ; dès ma lecture de la première conférence, je fus convaincu de l'importance de l'exploration du contenu de cet ouvrage. J'ai toujours constaté que certains événements de la vie si on en écoutait l'air dicté par notre voix intérieure, on ne tarderait pas à en entendre la musique parvenir à nos oreilles ou se dessiner dans la trajectoire de nos yeux. Rester réceptif à son environnement demeure indispensable pour grandir.

Dans la première conférence, le "grand" Carl Gustav JUNG s'exprime sur le Moi et s'aventure dans l'expression des profils psychologiques (plus précisément sur les quatre fonctions exopsychiques). Ces fonctions forment le système de relations qui existe entre les contenus de notre conscience et les données qui nous parviennent de l'environnement (c'est à dire, le système d'orientation qui nous permet de gérer les faits externes perçus par nos sens).



Page 29 de l'ouvrage, on trouve une représentation de ce système de l'exopsyché :


  1. Tout d'abord, il y a la sensation correspondant à la fonction exercée par nos 5 sens (vision, ouïe, odorat, goût, toucher). C'est la "fonction du réel" qui nous informe exclusivement sur la nature d'une chose mais absolument pas sur son identité.
  2. Vient ensuite, la pensée qui informe dans sa forme la plus simple de l'identité d'une chose.
  3. On distingue une troisième fonction, le sentiment qui nous informe sur la valeur (acceptable, agréable ou non) qu'une chose a pour nous. Cette troisième fonction est le seuil des valeurs.
  4. Pour que le système soit complet, il ne faut pas oublier la dimension du temps avec un passé et un futur. De cette réalité, nous ne pouvons pas en avoir une connaissance claire mais nous en avons l'intuition. Il s'agit de la fonction des pressentiments voyant au-delà des obstacles.
Tout être humain possède son Moi avec une fonction supérieure et trois fonctions inférieures ; la pensée s'opposant au sentiment et la sensation s'opposant à l'intuition. Pour enfin aller droit au but (objet ayant motivé cet article sur mon blog), en parcourant cet ouvrage, je suis tombé sur un passage particulièrement intéressant qui devrait résonner dans la tête de beaucoup de mes amis surdoués et plus encore chez mes amis atteint du syndrome d'Asperger. Une chute particulièrement "douloureuse" car tout y est écrit comme une évidence. Le surdoué et encore bien davantage l'Asperger sont sans aucun doute constitués d'un Moi majoritairement pensée expliquant de ce fait une fonction sentiment largement en berne chez ces individus. Ainsi, je cite :

"Ceux qui ont un bon cerveau aiment aborder la réalité et s'y adapter par la pensée. (...) Si par exemple, quelqu'un utilise principalement son intellect, on ne peut pas se tromper sur son type psychologique et, partant de cette constatation, on est à même de déduire l'état de sa fonction sentiment. (...) Le type intellectuel (...) a peur d'être prisonnier du sentiment parce que ce qui caractérise celui-ci est qu'il est archaïque, et que, en tant qu'homme archaïque, il est la victime impuissante de ses émotions. (...) De la même façon, nous sommes effrayés par nos fonctions inférieures. D'un intellectuel patenté qui craindrait affreusement de tomber amoureux, on penserait volontiers que sa peur est idiote, et pourtant il a probablement raison tant il est prêt, en tombant amoureux, à se lancer dans une aventure parfaitement absurde. A coup sûr, il va se faire avoir, car ses sentiments ne réagiront qu'à un type de femme archaïque et dangereuse. C'est ce qui explique que beaucoup d'intellectuels ont tendance à faire des mésalliances. (...) Ils ont donc raison d'avoir peur car c'est bien leur sentiment qui les fait courir à leur perte. Ils ne se feront jamais avoir par leur intellect ; là, ils sont armés et se défendent tout seuls. Mais par leurs sentiments, ils peuvent se faire influencer, se faire avoir, se faire duper, et ils le savent."

Dans cette conférence, Jung détaille merveilleusement bien le pourquoi beaucoup de surdoués dont le moi est le plus fréquemment "pensée", se font duper par des pervers narcissiques ou pourquoi leur vie affective est un désastre ou bien encore, pourquoi leur peur permanente de l'autre quant il s'agit de passer à la phase de l'engagement sentimental. Suite à bien des déboires affectifs les plus douloureux, depuis 2014, mon Moi a foncièrement changé et vire progressivement vers un moi majoritairement "sentiment". Surtout depuis 2015, avec mes débuts en photo de rue, ma photographie cesse d'être uniquement une pratique foncièrement académique des "bons" cadrages mais fait davantage appel à ma fonction sentiment. Jung l'exprime d'ailleurs fort bien dans sa conférence : "D'autres ont une bonne fonction sentiment ; elle les rend très conviviaux et leur donne un grand sens des valeurs ; ils se révèlent de vrais artistes dès qu'il s'agit de créer des situations riches en émotions, et leur vie en est remplie.". L'évolution positive actuelle de ma vie affective poursuit cette logique et il n'est pas étonnant que l'écoute de mon enfant intérieur pour les vrais bons choix se révèle dorénavant plus facile...

Dans l'espérance que mon partage de cette lecture et de la conclusion que je puisse en tirer est susceptible de se révéler utile à mes nombreux lecteurs (et amis).

Aucun commentaire:

Messages les plus consultés