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Sans doute venez-vous de débarquer sur mon blog en suivant la piste de la douance, de la psychologie ou d'un tout autre sujet débattu ici, le temps d'un billet. Je suis un adulte à haut potentiel intellectuel/surdoué de 33 ans, diagnostiqué à 12 ans alors que je traversais les périodes les plus sombres de la genèse de mon existence sur terre. Aujourd'hui, je m'épanoui à la lumière de mes passions les plus dévorantes telles que l'astronomie, la photographie, les volcans, la psychologie analytique ou encore les bovins. N'hésitez pas à interagir avec moi sur certains de mes billets en y déposant vos propres commentaires. Même en l'absence de réaction de ma part, ceux-ci présentent toujours l'intérêt d'apporter des compléments d'information mais aussi de me donner matière à réfléchir personnellement...

dimanche 21 mai 2017

Les adultes surdoués de Gabriel Wahl - Que sais-je ? N°4076

Que sais-je ? (QSJ) est une collection majeure de l'édition française, riche d'un catalogue de plus de 700 titres régulièrement actualisés, conçus pour le grand public par des spécialistes de chaque discipline, fondée en 1941 par Paul Angoulvent et publiée par les Presses Universitaires de France (PUF), actuellement traduite en 44 langues bénéficiant d'une diffusion à plusieurs centaines de millions d'exemplaires. Elle se distingue par une présentation formatée de 128 pages, par un logo représentant une boussole ainsi qu'une étoile symbolisant l'étoile polaire et un slogan : "Une question à toutes les réponses".

Le 10 mai 2017, le 4076ème numéro de cette collection consacré aux adultes surdoués est paru dans sa première édition. Pour ceux qui souhaitent s'intéresser à ces adultes qui furent tout d'abord des enfants intellectuellement précoces (repérés ou non durant l'enfance) ou pour ceux qui viennent de se faire diagnostiquer adultes et qui souhaitent acquérir une première pierre angulaire afin ensuite d'évoluer vers une bibliographie plus pointue, ce petit livre se révèle remarquable. Rédigé par Gabriel Wahl, pédopsychiatre et ancien professeur de psychologie à l'université Paris-VII, déjà auteur de deux autres titres dans cette collection dont le n°3698 dédié aux enfants intellectuellement précoces, ce n°4076 se révèle pleins de petites descriptions délicieuses. Certaines m'auront même conduit à l'éclat de rire, tellement elles reflètent d'une évidente réalité, même si comme dans toute population, nous avons la totale liberté d'être nous-mêmes, c'est à dire d'être tous très différents avec notre haut potentiel. 

L'auteur prévient à juste titre sur la difficulté comme la tentation d'enfermer l'adulte surdoué dans un portrait robot figé : "Décrire la personnalité des adultes intellectuellement surdoués est loin d'être simple. Il existe sur le sujet un bruit de fond d'idées reçues dont il n'est pas toujours aisé de se délivrer. D'autant que ces idées se rappellent à l'envie, comme des sentences.".

Coup de projecteur toutefois sur quelques pépites contenues dans le chapitre II consacré à la personnalité des adultes surdoués qui feront sans aucun doute mouche chez beaucoup :

"Dès les premières années d'école, les enthousiasmes intellectuels (...) peuvent se briser sur l'impossibilité de les partager avec leurs petits camarades ou sur les obligations de conformité imposées par les enseignants (...) Ces désillusions sont d'autant plus éprouvantes qu'elles s'ajoutent souvent à celles que leur infligent leurs petits camarades en se souciant peu de leurs centres d'intérêt ou en ne partageant pas toujours leur sens intense de l'amitié. On peut garder toute une vie ces blessures d'enfance, ces souvenirs de rabrouement et de solitude."

"On ne peut exclure (...) que l'abstraction virtuose et la fragilité émotionnelle, se confortent l'une l'autre, provoquant ainsi plus de vulnérabilité affective et sociale. Et en particulier si l'on se reconnaît du talent, mais que l'on observe qu'il ne s'accompagne d'aucun succès."

"Il faut (...) préciser que bon nombre d'entre eux ont l'esprit léger et même le goût affiché de la superficialité. Ils ont délaissé gaiement toute "quête de sens" et jugent les gens sérieux comme des balourds. Il est probable que ces intellectuels ne se reconnaitront pas dans les traits classiquement décrits de la personnalité des surdoués. (...) J'avoue qu'il m'arrive parfois de craindre que l'on ait enfermé les surdoués dans un carcan descriptif et que ce qu'il leur est attribué spécifiquement vaut pour l'humanité tout entière."

"Dès le plus jeune âge et cela semble se poursuivre toute la vie, les surdoués peuvent être soumis à des tempêtes émotionnelles pour des faits jugés ordinairement anodins. (...) il nous faut concéder que, plus que d'autres, les enfants et les adultes surdoués semblent plus vulnérables et qu'un mot de trop, une déconvenue amicale ou un simple contretemps peuvent suffire à les bouleverser. Les surdoués ont probablement le don de s'accabler aussi brillamment qu'ils se passionnent."

"La savoir imprécis de ce l'on appelle les sciences humaines, n'est pas toujours du goût des adultes surdoués. Leur sens de la rigueur et leur esprit critique se heurtent à la fragilité des connaissances et aux idéologies qui s'y substituent. Mais tous les surdoués n'ont pas ce niveau d'exigence. Ils peuvent aimer jongler avec les mots et jouer avec les idées. Ils préfèrent l'imagination à la concision, et s'amusent plus des paradoxes que des démonstrations. Ils n'aiment guère, selon une expression qui mériterait plus de considération, "se prendre la tête" dans des méandres subalternes. Ce mode de vie, disent-ils, en vaut un autre, et si l'on insiste, ils affirment qu'il n'y a rien de plus absurde que le sérieux et rien de plus intelligent que la légèreté."

"Il ne faut pas oublier que si les surdoués aiment à jouer avec les paradoxes, c'est qu'ils ont le goût du second degré, le sens de l'humour et...de l'humour noir. C'est l'un des plaisirs par lesquels ils se reconnaissent le plus facilement entre eux et qui présente le bonheur de transcender les diplômes et les classes sociales."

"On reconnaît aussi aux surdoués un très perspicace sens de l'observation, une acuité à percevoir le détail anodin, à lui donner une signification inattendue et à le relier à un ensemble complexe. Mais on les dit aussi un peu naïfs, peu habiles par exemple à déjouer les sollicitations insincères et distinguer tous les registres de l'amitié. Ce qui est une autre façon de dire qu'ils ont plus de dextérité cognitive que d'habilités émotionnelles. Leur disposition première les porte à la confiance et au partage, mais s'ils sont déçus, ils peuvent préférer l'isolement, d'autant qu'ils apprécient une certaine indépendance dans leurs loisirs et leur travail."

"Autre qualité ou autre défaut : les surdoués sont des idéalistes, des passionnés des exigeants. Ils aiment à donner du sens à leur vie et à leurs engagements, et ne détestent pas de bousculer les idées reçues ou même la tradition si elle leur apparaît irrationnelle. (...) Ils aiment la complexité humaine, mais ils ne tolèrent pas l'ambiguité. (...) Les proches ou les collègues des surdoués subissent parfois cette tendance au raidissement ou à la condescendance relationnels."

"Les surdoués s'accommodent parfois mal de leur sensibilité morale et de leur sens de la justice. Ils peuvent soit se résigner à une sourde culpabilité, soit s'imposer un engagement moral et l'affirmer dans le dévouement associatif ou l'idéalisme politique."

Il me semble par ailleurs très important de remercier publiquement l'auteur d'avoir fait un clin d'oeil en fin de cet ouvrage à mon site internet dédié à la douance (http://www.observation-et-imagerie.fr/douance/fr_douance.html) parmi dix autres sites, blogs et forums.

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